Le Rideau d'Elsa, Pierre Giquel

Le Rideau d’Elsa 

Le Rideau d’Elsa a des odeurs de foudre et de cendres, et j’en aime son trou, ses couleurs violentes, ou arrachées, son foutre belliqueux en son centre inquiétant. Je me fous de l’origine. Seuls comptent le feu, et la déflagration qui a écrit ces mots : « Comment clamer l’orgie ? », une interrogation qui annonce l’explosion, l’hébétude d’un déchirement. Je rêve où la lumière a mangé le tissu, l’a grignoté ou expulsé. Magnifiquement et dans un désordre discordant qui rappelle celui des draps. La Rideau d’Elsa évoque la ferveur, et des processus chimiques d’union et de séparation des corps, l’excès et le premier choc, la matière et son opposé, le mouvement  aux querelles illégitimes, aux savantes intempéries, le vent qui soulève et déchire, blesse le regard. Ce n’est pas la fente étroite et timide qui nous est ici « clamée » mais la cruauté d’un chant. « Clamez l’orgie ! » ou comment développer des processus positifs, inévitables, exacerbés ? La rue n ‘échappe pas  à l’amour. Les mots ont pris des détours passionnels, la police de caractère ayant brusquement sauté dans le puits à jouissance. Le Rideau d’Elsa, avide, heurté d’abîmes, soumis désormais à toutes les tromperies du voyeur, le Rideau d’Elsa déployé comme une fête , le Rideau d’Elsa ou le rideau des flammes, des femmes, des indomptées.

Pierre GIQUEL

 

"Comment clamer l'orgie", Elsa Tomkowiak & Pierre Giquel

 

 

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