Lilian Bourgeat

LILIAN BOURGEAT

Né en 1970, vit et travaille à Dijon

Quoi qu’on en pense, la virtuosité constitue toujours l’un des paramètres de l’art. Certes les lieux et les occurrences de son exercice se sont très largement étendus ; il n’empêche, la qualité du geste demeure, fût-ce a contrario, l’une des modalités les plus efficaces d’appréhension des oeuvres voire du jugement de goût. Il n’y a pas, chez Lilian Bourgeat, de geste immédiatement identifiable, de ces marques de fabrique qui ont servi à identifier tant d’artistes d’une certaine modernité. On peut cependant affirmer, le concernant, que si le geste, c’est-à-dire l’angle d’attaque de chaque pièce nouvelle, varie quasi systématiquement – en cela, il s’agit bien d’un artiste de variétés – on retrouve un certain nombre de qualités (dans le sens de caractéristiques) qui font sa singularité. La première de ces qualités réside sans doute dans le jeu subtil entre le monumental et le cheap (la série des Dispositifs : pour lancer des avions, pour planter des clous, pour lancer des ballons de basket, etc.) ou bien, mais cela revient au même, entre une entreprise assez ambitieuse d’une évaluation du réel et la plaisanterie idiote (Combien de pâtes y a-t-il dans ce tas ?, 1999 ; Buxus, 1996 ; Wanted, 1998). Entre le jeu et la forme (la forme du jeu), il y a place pour l’implication active du public autant que pour l’élaboration d’objets impeccablement réalisés (par l’artiste, et cela n’est pas indifférent). Cocaïne, 1998, place le jeu interactif sur un terrain mouvant où le miroir (gravé d’un labyrinthe) renvoie à un type d’autoportrait synesthésique à la manière d’une allégorie (incomplète mais suggérée) des cinq sens.
Jean-Marc HUITOREL

 

   

"Tâches sur nappe", Lilian Bourgeat, "Rideaux sur Loire", 2009

 

Site internet : http://www.galeriefrankelbaz.com/wp/artists/lilian-bourgeat/lilian-bourgeat-images/

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