Jacques Halbert

JACQUES HALBERT

Jacques Halbert est né en 1955 à Bourgueil. Après avoir passé une vingtaine d’années aux Etats-Unis, il vit et travaille actuellement à Bruxelles et à Candes-Saint-Martin.

C’est en 1975 qu’il peint sa première cerise. Dès lors, ce sujet gourmand ne cessera plus de nourrir son oeuvre prolifique, animant selon des rythmes réguliers ou des compositions aléatoires la surface monochrome, de préférence bleue, de ses toiles. Le motif de la cerise comme revendication de sa position artistique mena l‘artiste de la peinture à la performance, de la France aux Etats-Unis, lui faisant partager l’aventure de Fluxus ou s’associer aux expériences du Eat Art. Cependant, toutes les voies explorées, comme les différents mediums et supports utilisés, n’ont jamais pu détrôner l’attachement profond de l‘artiste à la peinture, qui demeure pour lui la pratique fondatrice. De même, s’il se dirige régulièrement vers d’autres sujets tout aussi culinaires, tels les petits pois, pommes de terre fumantes ou peintures gratinées, la cerise est le seul motif qui traverse de façon continue son travail sur ces trente dernières années. La cerise est apparue dans le travail de Jacques Halbert au milieu des années 70, comme une réaction provocatrice à l’aspect cérébral du mouvement Support/Surface omniprésent dans l’environnement artistique du moment. L’irruption incongrue, presque charnelle, des cerises sur les toiles bleues que l’artiste réalisait alors signent une réappropriation de sa pratique en accord avec sa personnalité profonde, celle d‘un artiste épicurien, digne héritier des exubérances dada, tendance Picabia. La cerise le mène rapidement sur le terrain d‘un art d’attitude, prémice des performances qui constituent un pan important de sa pratique : l’artiste se fit connaître à la même époque en arpentant avec son triporteur les vernissages parisiens, vendant gâteaux et tableaux aux cerises. L’art de Jacques Halbert est nourri à tous ses niveaux de la grande histoire de la peinture. Ses oeuvres „cerisistes“ utilisent un motif explicitement figuratif pour un travail abstrait. De la même façon, elles se situent de façon étonnante au confluent de deux états d’esprit divergents des avant gardes qui ont depuis les années 70 profondément redéfini le paysage artistique. Par certains aspects, son travail rappelle certains mouvements radicaux, qui ont repoussé la peinture dans ses limites les plus extrêmes, comme BMPT, (notamment Daniel Buren et Niele Toroni), Support-Surface, mais
aussi des démarches singulières comme Roman Opalka. Mais en choisissant la cerise, Jacques Halbert court-circuite cette tendance radicale en y intégrant humour et dérision, ainsi qu’une vitalité pop, qui le situent aussi dans la filiation de l’esprit Fluxus et de toutes les tentatives artistiques visant à relier l’art et la vie.

 

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"256 cerises", Jacques Halbert, "Rideaux sur Loire", 2009

 

Site internet : http://www.jacqueshalbert.com

 

 

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